Après les clameurs Nîmoises voici que VIC FEZENSAC vient de fermer ses portes sur une édition 2007 qui passera à la postérité surtout par le temps qui fut exécrable. Pluie garantie tous les jours, novillada du samedi reportée au lundi et nombreuses faenas exécutées les pieds dans l’eau. On retiendra pourtant et c’est une coutume en terre gersoise, le trapio impressionnant des toros (Barcial ou Charro de Llen) ainsi que des cornes à en faire reculer plus d’un (Adelaida Rodriguez ou Robert Margé). Côté public un plein tous les jours et une assistance stoïque, courageuse, respectueuse envers les jeunots lors de la novillada sous un véritable déluge.
On a donc commencé le samedi après-midi avec une corrida de BARCIAL, typée, imposante mais peu mobile de laquelle SANCHEZ VARA (oreille) est ressorti vainqueur tout en restant en deçà de son bon adversaire fort bien tué. Denis LORÉ faisait ses adieux vicois mais ne s’est pas vraiment entendu avec ses deux adversaires sauf en quelques séries parfaites. Rafael Rubio LUJAN « RAFAELILLO » se présentait par contre et n’aura pas prouvé grand chose face à un premier « renifleur de zapatillas » puis face à un second copieusement assassiné aux piques.
On repartait vers les arènes Joseph Fourniol le dimanche matin pour y voir, sans trop y croire, une corrida-concours dont sortait vainqueur avec une oreille EL FUNDI. Presque ici chez lui le Madrilène s’est envoyé d’abord un Juan Luis FRAILE qui se révèlera comme le meilleur ou le moins mauvais toro du jour. Face à son second de Adelaida RODRIGUEZ GARCIA, beau mais curieusement compliqué après deux piques, Jose Pedro essayera sans succès de faire plier le cornu. On se demande ce qu’est venu faire Luis VILCHES qui écoutera les gouttes de pluie et les sifflets lui tomber sur la chaquetilla. Ni son Justo NIETO qui se montrera malléable puis brave sous quatre rencontres ni son SANCHEZ FABRES qui se lèsera contre la porte du toril ne l’inspireront outre mesure. Gros bons points par contre pour notre Julien LESCARRET (vuelta) qui se collettera avec un VALVERDE pétri de mauvaises intentions et un Angel NIEVES GARCIA pire encore. Deux combats de verdad que beaucoup auraient évités …
Deux doigts de foie gras, un de magret et un floc avant retour en piste pour une corrida de Robert MARGÉ passionnante. Six toros des bords de l’Orb, charpentés, encastés, fins aux cornes aiguës qui ne demandaient qu’à laisser leurs oreilles dans les mains de leurs vis à vis et notamment dans celles de Luis Miguel ENCABO qui n’a pas forcé ses talents. Son premier « ensabanado » et musclé sera entrepris o combien prudemment et son second allant secouer le cheval ne sera qu’entre aperçu au travers de courtes séries droitières. Passons rapidement sur les prestations bien insipides de Ivan FANDINO qui démontreront les limites actuelles du jeune Vizcaino. Par contre très inspiré sous la pluie et décidé à couper son oreille, Fernando CRUZ dessinera de fort belles séries, notamment à gauche, face à son premier manso de gala. Sa seconde faena sous les projecteurs valait bien de rester sous les gouttes pour voir une ½ et un descabello coucher le cornu avant qu’Olivier Margé ne soit appelé à saluer.
Novillada de samedi reportée en ce lundi de Pentecôte avec déluge en prime ! Quel courage pour aller affronter les Adelaida RODRIGUEZ GARCIA, costauds et piquants dans des conditions aussi dangereuses. Chapeau EL SANTO (oreille et oreille), Joselito ADAME (deux oreilles) et même Marco LEAL pour des faenas sincères valant bien à elles seules un grand respect.
Allez vite fait un peu de garbure et de confit avant de faire la fermeture de l’édition 2007. Déconfiture en piste avec six CHARRO DE LLEN, astigordos, lourds, âgés (certains de plus de six ans !) qui ne collaboreront qu’avec parcimonie dans la muleta de Juan Jose PADILLA venu en remplacement de Ferrera. Pas mal de sifflets, certains injustifiés, pour le « Cyclone de Jerez » qui renoncera face à son premier et ne voudra même pas banderiller son second avant de tenter quelques bribes de passes qui laisseront les vicois pantois de dépit. Domingo LOPEZ CHAVES, certes toujours aussi beau ténébreux, est passé avec peine mais sans gloire au cours de deux combats sous les gouttes dont on ne retiendra que sa propension à mal tuer. Vite à oublier la, les prestations de Medhi SAVALLI récompensé par trois avis et retour de son second vivant au toril ! Pas d’entente avec son premier et brindis au public de sa seconde faena attestant de sa bonne volonté. Hélas décontenancé par la pluie et les aspérités de « Gañaflero », l’arlésien se montrera d’une maladresse inhabituelle estoc en main…