Trois jours sur le magnifique site des Ramiers à Fenouillet pour suivre la cuvée 2006 d’une feria qui ne restera certes pas dans les annales. Une chaleur de fournaise et une marmite qui ne se remplira vraiment que pour la corrida de rejon et, à moindre échelle, pour celle du samedi. Très faible entrée pour la novillada de Meynadier et à peine ¾ pour la corrida concours. Autour de nouvelles arènes plus petites (6500 places env.) et donc plus conviviales on a commencé le vendredi avec deux oreilles et une queue pour Andy CARTAGENA et deux oreilles pour Diego VENTURA face à d’excellents novillos du Niño de la Capea ! Après une première soirée de folie dans les bodegas animées du Campo et une courte nuit direction les arènes pour la corrida tant attendue du samedi hélas parfaitement décapitée de par un lot de SANCHEZ ARJONA, bon mais d’une invalidité navrante. En face Juan BAUTISTA oeuvrera consciencieusement avec beaucoup de temple et quittera Toulouse sans trophée. Sébastien CASTELLA sera sacré vainqueur avec trois oreilles ! Il serait plus juste de dire que ces oreilles, comme beaucoup au cours de la feria, ont été excessives même si les faenas étaient sincères. David Fandila Marin « EL FANDI » aura virevolté avec bonheur aux palos, toréé dans l’indifférence générale et coupé une oreille après un bajonazo de catégorie.
Bon allez encore un peu de foie gras et grosse ambiance autour des postes de télévision pris d’assaut avent une nouvelle et courte nuit. Retour dans la chaleur pour apprécier, le dimanche matin, une grosse novillada de Pierre-Marie MEYNADIER qui aurait du permettre une belle moisson d’appendices. Bien roulés, bien armés, aux pelages variés, un peu plus puissants que braves et de bonne noblesse sans mièvrerie pour la plupart. Joao Antonio FERREIRA ouvrait les débats face à un compliqué premier qui refusera de se plier aux injonctions du Portugais.
Palos athlétiques pour le jeune maestro aiguillonné par Richard Milian et silence pour sa seconde faena conclue d’une bien vilaine lame. Expédions rapidement Antonio Lopez « EL MORONTA » qui n’aura pas permis de retrouver l’excellent novillero de Tarascon. Factice et profilé à souhaits l’enfant de Grenade est passé à côté d’un excellent premier auquel il aurait du signer un important succès. Faisant ou laissant assassiner son magnifique second il semblera déçu de ne pouvoir rien faire face à l’animal exsangue. Enfin Medhi SAVALLI et malheur pour ses lames ! Perdant tout espoir de trophées, l’arlésien bagarrera ferme notamment face à son second, bien banderillé, jusqu’à la voltereta spectaculaire.
Dimanche et à
19h00
pour cause de programmation de rugby ??! une corrida concours bien éloignée des canons de tel spectacle. Trois toros espagnols, un SIERRO, joli et astillé, un VALDEFRESNO, lourd et cornicorto, un Javier PEREZ TABERNERO plus que cornicorto et trois toros français curieusement mieux armés, un GALLON, un YONNET sauteur de callejon et un MARGÉ joliment roulé. Pas de lauréat et encore une oreille pour chacun des intervenants Luis Francisco ESPLA, Juan Jose PADILLA et Julien MILETTO.
En vrac professionnel et quelque peu roublard le Luis Francisco ; banderillero et auteur d’une faena que l’on attendait pas face à son Yonnet le « Cyclone de Jerez » ; assidu, appliqué et auteur des plus belles séquences le Nîmois.